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30 millions de dirhams pour renforcer les droits des journalistes marocains


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Vendredi 20 Février 2026

Une bouffée d’oxygène pour les médias nationaux ? Jeudi 19 février, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a dévoilé une réforme importante du soutien étatique aux entreprises de presse, associée à un élargissement inédit des droits moraux des journalistes. Une annonce qui, sur le papier, vise à améliorer la stabilité économique et juridique d’un secteur confronté à de profonds défis structurels.



Lors d’un point de presse tenu à Rabat, Bensaid a expliqué que le gouvernement a décidé de remettre en place une formule de soutien plus cohérente, en s’appuyant à la fois sur l’ancienne mécanique d’aide et sur un budget plus ambitieux  pour 2026, élaboré avec le ministère de l’Économie et des Finances. Ce revirement répond à une demande de nombreux acteurs du secteur, qui dénoncent depuis des mois une précarité financière chronique, particulièrement au sein des petites structures médiatiques.
 

Ce qui fait réellement la différence dans cette réforme, c’est la création d’un dispositif dédié aux droits moraux des journalistes, avec une enveloppe d’environ 30 millions de dirhams spécifiquement allouée à cet effet. Contrairement à une rémunération classique, ce montant que le ministère qualifie de “droit”  vise à reconnaître la valeur intellectuelle et professionnelle des articles produits par les journalistes marocains.
 

La presse, depuis longtemps, n’est pas seulement un filon économique : elle est un pilier de la vie démocratique, un vecteur de débat public, un espace nécessaire pour une société qui aspire à plus de transparence et de responsabilité. Pourtant, ce secteur a souffert d’un manque de visibilité financière et d’un cadre juridique clair des obstacles que les récentes mesures entendent corriger.
 

Le ministre n’a pas caché que la mise en place de cette mesure a pris du retard. Certaines petites et moyennes entreprises de presse n’auraient pas suivi les procédures requises pour bénéficier de l’aide, contrairement aux grandes structures déjà bien positionnées. Ce constat souligne une réalité tangible : l’accès aux mécanismes administratifs reste difficile pour les médias les plus fragiles, souvent ceux qui font vivre l’information locale ou indépendante. 


Un soutien plus structuré, mais quel impact réel ?

Dans le détail, 30 % de cette enveloppe de 30 millions sera directement attribuée aux entreprises de presse détentrices des droits d’auteur. Cela implique que pour bénéficier de ces fonds, les entreprises doivent structurer juridiquement la détention des droits d’auteur un levier qui, selon Bensaid, encouragera les médias à professionnaliser la gestion de leurs contenus.
 

À première vue, il s’agit d’une avancée notable : pour la première fois, l’État consacre des ressources spécifiques à la valorisation des droits moraux, au‑delà des aides traditionnelles. Dans les couloirs de la profession, certains journalistes saluent cette démarche qui met en lumière la dimension créative et intellectuelle de leur travail. D’autres, plus sceptiques, rappellent que la période post‑Covid‑19 a mis en évidence la fragilité économique de nombreuses rédactions, même celles historiquement bien établies.
 

Le ministre a aussi profité de l’occasion pour encourager les journalistes et les entreprises à adhérer au Bureau marocain du droit d’auteur et des droits voisins. Cette adhésion est présentée comme une condition essentielle pour percevoir effectivement les droits auxquels ils peuvent prétendre.
 

Au‑delà de cet aspect financier, la réforme s’inscrit dans un contexte législatif plus large, marqué dernièrement par l’adoption d’un nouveau projet de loi visant à réorganiser le Conseil national de la presse (CNP), après que certaines dispositions de la loi précédente ont été jugées non conformes par la Cour constitutionnelle. Cette dynamique législative traduit une volonté de stabiliser le cadre institutionnel du secteur tout en renforçant ses bases éthiques et professionnelles.


Enjeux et perspectives pour le lectorat marocain

Pour le citoyen marocain, cette réforme a une portée concrète : elle cherche à garantir que l’information qui circule qu’elle soit imprimée, diffusée ou publiée en ligne repose sur des journalistes mieux reconnus et protégés, tant sur le plan juridique que professionnel. Dans un paysage médiatique où la réactivité, l’indépendance et la qualité des contenus comptent double, cette initiative peut être un élément structurant.
 

Reste à mesurer l’impact réel de ces nouvelles mesures sur le terrain. La réussite de ce nouveau modèle dépendra autant de l’appropriation par les entreprises de presse que de la capacité des journalistes à s’organiser collectivement pour défendre leurs droits dans un environnement socio‑économique exigeant.

Plus qu’un simple coup de pouce financier, ce fonds de 30 millions de dirhams pour les droits moraux des journalistes pourrait constituer une pierre angulaire d’une presse marocaine plus robuste, plus autonome et mieux ancrée dans les valeurs d’une société moderne, tolérante et ouverte au débat public.






Vendredi 20 Février 2026

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